• Hildegard von Bingen, Karl Amadeus Hartmann, Dmitri Chostakovitch, Philippe Hersant, composition
  • Marianne Piketty, violon et direction
  • Olivier Fourés, Transcriptions & mise en espace et en lumières

SYNOPSIS

C’est des monastères de Disibodenberg, Ruperstberg et Eibingen, que Hildegarde von Bingen appréhende le monde. Abbesse, médecin, écrivaine, musicienne, directrice d’enluminures, elle perce le mystère des plantes et du corps humain, des sons, des formes et des lumières, grâce, notamment aux nombreuses visions qu’elle a depuis l’enfance : « Simultanément je vois, j’entends, je sais, et presque d’un coup j’apprends ce que je sais. »

Le Concert Idéal, ensemble fondé par la violoniste Marianne Piketty, défend la transcendance artistique au travers de l’appréciation des différences, au delà des formes et références, et souhaite rendre hommage à cette figure essentielle de l’émancipation culturelle occidentale. L’ensemble mènera trois de ses monodies,dédiées au Seigneur, à l’Innocence et aux Martyrs, dans l’univers de l’orchestre à cordes, afin de découvrir comment elles y résonnent et s’y propagent.

En miroir, deux compositions du XX ème siècle reflétant également le caractère universel de la disparition. Les deux pièces en octuor de Chostakovitch (1924-25) dont le prélude est dédié à l’ami poète Volodia Kurtchavov disparu prématurément, et le « Concerto funebre » pour violon de Karl Amadeus Hartmann, composé en 1939. Une composition qui ne cache pas les plus sombres pressentiments sur la situation européenne contemporaine, tout en laissant une place cruciale au choral allemand « La Victime immortelle ».

Ces contextes visionnaires, ces appels contre l’aveuglement, serviront de bases au compositeur Philippe Hersant qui élaborera une création spéciale pour Le Concert Idéal.

Olivier Fourés, musicologue

 

Une Vision d’Hildegarde

Cette pièce a été écrite à la demande de Marianne Piketty et le Concert Idéal, et elle est destinée à s’insérer dans un concert où se côtoieront les œuvres de deux musiciens visionnaires que huit siècles séparent : Hildegarde von Bingen et Karl Amadeus Hartmann.

À la vision céleste de la poétesse et musicienne s’opposent la vision funeste et les sombres prémonitions de Hartmann, qui écrivit son « Concerto funèbre » en 1939, peu après l’invasion de la Tchécoslovaquie par les nazis.

Une vision d’Hildegarde, qui prend la forme d’un adagio pour violon solo et cordes, sera comme un trait d’union entre ces deux mondes – vision mystique et vision d’enfer.  L’œuvre est portée, de bout en bout par la mélodie d’un des plus beaux chants d’Hildegarde, O Vis Aeternitatis. Mais j’y ai glissé également une allusion à Hartmann à travers le choral « Vous qui êtes les combattants de Dieu », cité dans le premier mouvement de son concerto.

Philippe Hersant