Marianne Piketty
« Densité, fougue, virtuosité, intériorité et générosité »
De Bach à Piazzolla, de la diminution baroque à la création contemporaine, Marianne Piketty trace un parcours libre et transversal, entre engagements solistes, musique de chambre et direction d’ensemble.
Formée au CNSM de Paris puis à la Juilliard School de New York, auprès de figures majeures telles qu’Itzhak Perlman ou Yehudi Menuhin, elle s’inscrit dans une grande tradition du violon qu’elle prolonge aujourd’hui par une approche personnelle et résolument vivante.
En 2013, elle fonde Le Concert Idéal et affirme une démarche singulière : transformer le concert en une expérience scénique. Chaque programme devient un parcours où les œuvres s’organisent en une véritable dramaturgie musicale. À la croisée du concert et du spectacle, la musique prend corps : lumières, mises en espace et mouvement prolongent l’interprétation. Ici, la musique ne s’enchaîne pas, elle raconte.
Du répertoire ancien à la création contemporaine, elle fait dialoguer les époques pour révéler des émotions communes, toujours actuelles. Une approche incarnée, où la musique se vit autant qu’elle s’écoute.
Marianne Piketty s’impose ainsi comme une artiste qui renouvelle en profondeur le format du concert classique. « Densité, fougue, virtuosité, intériorité, générosité », la presse salue un jeu à la fois intense et habité.
Entretien avec Marianne Piketty
Votre projet avec Le Concert Idéal transforme le concert en expérience scénique. Pourquoi ce choix ?
J’ai toujours ressenti que la musique portait en elle des récits. Le concert traditionnel ne permet pas toujours de les faire émerger. La scène, elle, ouvre cet espace : elle prolonge l’interprétation, elle donne corps à la musique, elle permet de la vivre autrement.
Vous construisez chaque programme comme un parcours. Qu’est-ce que cela change ?
Les œuvres ne sont plus juxtaposées, elles s’organisent. Elles créent une dramaturgie. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui circule entre elles, les liens invisibles qui apparaissent et donnent du sens à l’ensemble.
Vous faites dialoguer des œuvres de toutes les époques. Qu’est-ce qui les relie ?
Les émotions. Elles traversent les siècles. Un compositeur baroque ou contemporain peut parler de la même chose — la perte, la joie, l’absence, l’espoir. Mon travail consiste à faire entendre ces résonances.
Quel rôle joue la mise en scène dans votre travail ?
Elle n’est pas décorative. Elle accompagne la musique, elle crée un cadre d’écoute. La lumière, l’espace, le mouvement permettent d’ouvrir la perception, d’entrer dans la musique de manière plus sensible.
Qu’aimeriez-vous que le public retienne ?
Qu’il ait vécu quelque chose. Pas seulement un concert, mais une expérience. Qu’il ait été touché, peut-être surpris. Et que la musique continue de résonner en lui après.